
Elle le regardait avec de grands yeux rougeoyants et il ne pouvait savoir si c'était l'effet de la fumée ou si elle était triste. Lui planait déjà depuis une bonne heure, il avait ajouté un peu d'alcool à son éther pour mieux voler. il ne pouvait donc descendre pour voir laquelle de ces dames était leur invitée: tristesse ou colère, les deux signifiaient la fin.....mais la fin de quoi? Ils ne faisaient que commencer....
Et puis à quoi celà servirait-il? Il jouait toujours le même jeu de l'amour et du dégoût et à chaque nouvelle partie, il perdait un peu plus de coeur et gagnait quelques grains de mémoire, des débris qui meublaient parfois les soirées solitaires qui entrecoupaientles plis distribués.
Il misait. A chaque fois un peu plus gros, une peu plus juste, plus vrai, plus honnête: L'intonation, la posture, le souvenir, la nuance du regard... Il se sentait aigri au jeu auquel il s'était pris de passion . Pour se sentir enfin compris, il devait posséder non pas le corps, non pas l'esprit mais l'âme même de chacune de ses conquêtes.
Un Vampire!
Mais un vampire sentimental et féroce, proche et distant, réél et onirique. Un mélange parfait du bon et du mauvais. Non, jamais ils ne les avaient aimées, vraiment, mais il avait aimé chacune d'elle à sa façon: éperdument dans l'instant mais jamais pour l'éternité.
Elle avait souffert avant lui. On n'avait pourtant jamais aussi sournoisement touché ses cordes les plus profondes et les plus délicates. Elle souffrirait aprés lui, mais jamais plus de la même façon.On ne la toucherait plus avec la même tendresse et fermeté, On ne lui parlerait plus avec la même ferveur et calme. Jamais plus elle ne sentirait qu'un monde pouvait se créer en un instant dans l'univers de l'union des râles, des sopupirs, des émotions, des paroles, des regards et des corps.
C'était une étoile qui avait trop brillé, elle mourait plus rapidement. C'était juste.
Elle partit comme une ombre qui retourne au déséspoir, comme le jour qui s'éteint, las d'avoir arrosé trop de terres stériles...Loin, là-bas, mais juste à côté de lui, à portée de sa main, de son silence, de son mutisme orgueuilleux et à portée de cet être qui le dévorait de l'intérieur. Elle avait pourtant disparu de sa propre volonté à elle. Evanescente déjà dans sa présence et bien réelle maintenant dans son absence.
Lui ramassait déjà les quelques débris de souvenirs amassés. Bon mendiant de l'amour et féroce prédateur de sentiments. Il ne ressentait rien. Le même vide qu'avant, les mêmes reflexions, la même solitude de son monde.
Son monde. Cette forteresse imprenable qu'il avait bâti si loin et si bien que désormais il allait devoir s'y enfermer.........
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.......................................................................Tout seul!