vendredi, janvier 26, 2007

Une rencontre


" -Où veux tu aller? "
" -N’importe où tu voudras m'emmener..."



Il était entré dans cette petite boutique en fin de matinée un peu par hasard, un peu par curiosité. Il ne s'arrêtait jamais dans ce genre d'endroits. Il aimait a croire que ce n était pas son genre. C'était trop "fiotte": un magasin de bibelots....et puis quoi encore, bientôt il se retrouverait a faire de la broderie s il se laissait aller…

Il flânait donc sans conviction, avec la plus grande appréhension pour cet endroit bizarre. Des éléphants en porcelaine dans des postures bizarres supposées rappeler ces anciens (il supposait qu il n en existait plus de pareils, du moins dans cette posture et avec ces étranges décorations dont le front de l animal était alourdi) temps indiens ou le pachyderme faisait office de bête de guerre dans les épopées des sandokans et co, des couples du 17eme se regardant langoureusement pour l éternité, figés dans la pierre, des boites de toutes les couleurs et les tailles dont il ne saurait que faire chez lui et qui finiraient certainement sur le meuble d’entrée avec plein de sous, de capsules, de clés et de vis dedans…..Il était visiblement hors de son élément.

Mais soudain il la vit….

Au fait ce n était ni soudain ni vraiment ce que l’on peut appeler « voire ». A proprement parler,il l’avait d abord aperçu une gracieuse silhouette du coin de l’œil et c’est ce même coin d œil qui attira le reste de l organe vers cette sublime vision naissante. Il ne saurait dire si le regard avait précédé les palpitations ou si les battements avaient donné naissance à sa vision, tout ce qu il savait c’est que pour la brève éternité d’un instant le temps et l espace s étaient figés. Il n’y avait plus rien. Il ne croyait pas à ces trucs mièvre qu on sert a longueur de journée sur les chaînes satellitaires assaisonnés d eau de rose et qui parlent d amour du premier regard ; il maintenait aussi tout le temps dans toutes les discussions que l amour n’est que biochimie et science phéromonale pure et dénuée de tout mystère. Il semblait pourtant que le mystère l’enveloppait comme un brouillard.

L’instant d’après il contemplait longuement un vieux canon en cuivre incrusté sur un petit socle en marbre, il le scrutait anxieusement tout en exhortant son coin de l’œil à plus d infos, c'est-à-dire à autant d infos que possible sur cette étrange créature. Ce faisant il se laissait glisser ostensiblement dans la direction du mystère. Il n’était plus maintenant qu’a quelques pas de la curieuse créature qui était entièrement absorbée par un grand vase chinois noir avec des dessins rouges de guerriers, morts vraisemblablement sans jamais avoir eu l’idée d être un jour ainsi exposés !

« -c’est exactement ce que je cherchais, un vase pour mettre mes olives… » fit il en souriant malicieusement

« vous devez avoir une plantation pour le vouloir si grand. »
« Non , mais je fais ma provision de conserves demain.. »

Elle avait des yeux marron clair si clair qu il ne put tout d’abord pas en détacher les siens. Son nez fin se terminait sur une lèvre supérieure charnue. Ses cheveux châtains défaits auréolaient son visage arrondi qui se terminait par un menton délicat. Le resultat etait fascinant.

« je me suis toujours demandé ou étaient les fleurs qui allaient avec ces vases j arrive pas a en trouver, ou alors ils devaient avoir des esclaves qui étaient chargés uniquement de garder les fleurs en suspens a l orifice du vase alors qu ils se blottissaient a l intérieur. D’ailleurs vous devriez vérifier si c’est vide la dedans avant de faire votre choix….. »

« Au fait maintenant que vous le dites, je crois que je vais prendre aussi l esclave qui va avec, à condition qu’ils me fassent une grosse ristourne sur le vase. »

Le reste se fit presque naturellement. C’était des demis phrases qui prenait tout leurs sens à l’oreille de l’autre. Des mots dits avec de simples regards. Des regards muets qui traduisaient la magie d’une rare rencontre que l’on pensait ou croyait exceptionnelle voire unique. Il parlèrent en se baladant dans cet endroit ou aucun d’eux ne cadrait vraiment, mais ou tout deux se trouvaient parfaitement bien ensemble. Il lui décrit l'impression que lui avaient laissé les éléphants blancs en entrant et elle lui parla d un souvenirs d'enfance que lui rappelait une imitation d un tableau de van Gogh qui était accrochée à gauche du vase providentiel. Ils se retrouvèrent ainsi à parler de leurs enfances respectives. Tout en lui parlant, naissait en lui un désir qu il savait biochimique : elle sentait divinement bon. A un moment il en avait presque perdu le fil de la discussion. C’était magique, chacun de ses gestes semblait empreint d’une féerie étrange. Il s’attendait a tout moment à voire des ailes se déployer derrière son dos ou une auréole surgir subitement au dessus de sa tête.

De longues heures durant il parlèrent de tout et de rien, de la petite poupée qu’elle avait perdue un jour de balade dans un fleuve et dont elle ne s était jamais consolée, de la manie qu il avait de toujours acheter ses conserves le 1er du mois, de la nocivité du café au lait et des effets apaisants de la camomille…..Il se baladèrent longuement dans les rues jaunes de cette fin d’après midi d automne. Le ciel était dégagé et il était déjà jaloux du vent qui jouait à volonté avec ses cheveux. Ils flottaient dans un rêve qui semblait avoir les couleurs crémeuses de cet horizon crépusculaire que Monet lui-même n’aurait su reproduire : la couleur de la perfection.

Puis soudain au milieu de nulle part et de partout, réalisant qu ils voguaient au gré de leurs cœurs depuis une demi journée, ils s’arrêtèrent. Elle se tourna vers lui les mains dans ses poches et lui demanda :

"-Où veux tu aller? "
" -N’importe où tu voudras m'emmener..."


lundi, janvier 15, 2007

Merci pour la pub!

Et toc!

On peut dire que c'est une victoire à la pyrrhus ou une défaite pleine de gloire le fait est que dans ces dernières heures d'un code de la presse agonisant, "nichane" a tout de même réussi un pari difficile: s'en tirer avec le minimum de casse dans une année éléctorale ou tout le monde (absolument tout le monde y compris vous et moi) avait quelque chose a perdre dans cette histoire!


Par delà le dossier et par delà le jugement inquisitoire qui a suivi, par delà les violents outrages qui font que des juges dans une cour se croient permis toutes les questions meme celles qui n'ont rien à voir avec l'affaire, par delà le fait quenos partis politiques aient brillé une fois de plus par l'absence d'une position clair et tranchée......Je dis on y gagne quand même quelque chose: on se connait un peu mieux.


On aime rire de tout (çà on le savait déjà, tu parles d'un scoop..) et on jubile quand on rit de nos tabous (révélateur!), mais on déteste le savoir, on déteste savoir que même dans le jeu tellement humain du rire on fait toujours dans la schizophrénie et la culpabilité.
D'autre part, nos tribunaux ont montré qu'ils peuvent quand il le veulent bosser avec mesure et retenue, comme si (osons le rêver!) il y avait des leçons qui ont été tirées.
Notre système a quand à lui prouvé qu'il était plus à l'écoute des doléances de nos amis lointains (suivez mon regard) et leurs petro-dollars que l'armada de gens qui défilent contre le cout de la vie ou les prisonniers en greve de la faim. Il a montré avec une telle évidence qu'il ne peut pas prendre de simples decisions pour une simple affaire de presse interieure en des delais acceptables (quand il fait ca a l avance pour lezs publications etrangeres) dans une totale souvraineté.....

Car c'est bien de celà qu'il s'agit en fin de compte: Qui décide quoi et au nom de qui?

Dans cette affaire qui metait un gouvernement tres preoccupé par le futr score du PJD dans les futures elections, sermonné par les amis kowetiens qui n ont pas le sens de l humour aussi large que chez nous, soucieux de son rang dans les tres prochains rapport humanitaires, et de son "image" democratique......bref écartelé internationalement sur une simple decision national. Notre gouvernement a donné la preuve que ce n'est en fin de compte jamais lui qui décide de nos libertés en notre nom meme pour une simple histoire de blagues!!!!
Pour ma part, je fais la promesse solennelle d'acheter 10 numeros de nichane (chose que je n'ai jamais faite- pas même un seul malheureux numéro avant cette histoire) à sa future réapparition dans 2 mois.......Et merci pour la pub!

Doktorix.....toujours solidaire!

vendredi, janvier 12, 2007

Les amours perdues......



"Il se souvient des années passées
comme s'il regardait à travers une fenêtre poussiéreuse,
le passé est quelque chose qu'il peut voir, mais pas toucher."
Poète chinois (?)( citation de fin de film)


Un film qui m'a rappelé tant de souvenirs et un seul en meme temps. Un film torturant. Un film sur l'amour.....un film sur des vies et des tabous.....un film simple.....un film que je ne me lasse pas de revoir.....UN CHEF D'OEUVRE!

Un sens inoui de l'esthétique de l'image, des plans jamais filmés (dans des espaces si confinés!), des interprétations qui frolent la perfection et pourtant d'une sobriété exemplaire. Un jeu de lumières et de couleurs epoustouflant (Ah ces long travellings où l on voit défiler toutes les couleurs ). Il y a aussi et surtout cette bande son, ce theme, ce violon torturant (yumeji's theme) qui resume -peut être- à lui seul, toute cette valse sentimentale.

Je parle rarement de cinéma. Ce n'en est d'ailleurs pas: C'est de l'art pur.

" in the mood for love ".......une experience dont on ne peut pas sortir indemne!






Doktorix.............sino-ciné-Snif-ophilie chronique!

lundi, janvier 08, 2007

ASSOUAK ASSALAM-MEKNES (ou comment virer des postes de travail pour faire plaisir aux notables)



Il est clair que parmi les villes qui ont conservé la conception médievale du notable, Meknes fait figure de proue....


Il y a un peu plus d'un an, ynna holding, avait entrepris des démarches en vue de transformer un espace vert de la ville (parc de Riad) en un complexe de la chaine "assouak assalam". Après maintes tergiversations et moult lobbying (des commercants de la medina Notamment) on a fini par refuser l'offre qui etait supposée générer une partie des 2200 postes de travail (direct) prévus.


Raisons evoquées à l'epoque: "on ne peut pas se permettre de perdre un des poumons de la ville de meknes". Soit, mais ne perd on pas au change? Là où on n'a pas rechigné il y a quelques années à trancher L'espace vert par excellence de Meknes -la foret d'Echabbab- pour permettre aux Mc do et aux Ibis Moussafir de s'installer en plein centre ville, force est de constater que le pauvre Miloud n'a pas gagné au tirage du lobbying Meknassi ni à celui des priorités vénales de la ville Ismailienne. De plus, Meknès n'est vraiment pas une ville suffocante avec très peu d'espaces verts à conserver sous peine de mort par asphyxie comme c'est le cas ailleurs.


Bizarrement l'actualité rattrape la horde islameuse de la commune. En effet, directement après ce refus, Ynna holding ouvrira vendredi prochain, à Tanger, la premiere de 11 grandes surfaces dont la création est prévues entre 2006 et 2008. Ce qu'on a viré de Meknès est allé se nicher à Tanger où des gens plus sérieux développent des villes au lieu de les spolier!


2200 chomeurs doivent respirer maintenant à plein poumons l'air du parc de Riad en pensant à ce qu'il aurait pu être si....


On dit Merci qui?


Merci à ces messieurs qui se prennent pour les seigneurs du "domaine de Meknès" et leurs acolytes islameux.


Doktorix.......D'ici et d'ailleurs

lundi, janvier 01, 2007

Deux heures et quart



L’horloge: Deux heures et quart

Le poète : Et alors ? J’en ai marre que tu me matérialises du néant qui tue mes biens réels !

L’horloge : Je ne suis rien moi…et pourtant je suis tout ! J’ai toujours hanté ta vie, depuis l’époque où je n’étais que l’ombre du soleil jusqu’à ce qu’on ait emprisonné mon esprit dans du quartz. Je ne suis rien et en même temps je suis tout !

Le poète : Tu es tout car en toi nous voyons nôtre plus grande peur. Tu défiles tes heures et tes nombres assassins et silencieux, et pourtant tu es là immobile et impassible. Tu ne vas nulle part. Tu traces un chemin invisible aux yeux, mais combien douloureux pour l’esprit. Tu es la cristallisation de nôtre peur de mourir et de ne rien trouver que du silence !

L’horloge : Jadis on me traita de tout les noms. Aujourd’hui, je suis devenue la diva dont tout le monde veut connaître le nom et l’histoire. Je suis la douleur, le plaisir et l’argent tout se fait par moi. Tout le monde me cherche et personne ne peut plus se vivre sans me regarder…sans me connaître ! Même le vagabond qui se saoûle pour oublier son oubli demande à longueur de journée l’heure qu’il est à tout ceux qui croisent son chemin !

Le poète : oui mais, « très chère », vient un temps où chacun s’oublie dans son plaisir, son labeur ou sa douleur…vient un temps où, perdu dans quelque contrée, imaginaire ou réelle, on ne te cherche plus. Ces seules instants loin de toi font vivre ou périr pour toujours…ils ont une saveur unique que l’on garde en mémoire longtemps après que tu aies recouvert notre regard par les draps souillés des heures et des jours. Souvent, après bien des années, ces courts instants sont les seuls biens dont un vieillard puisse se vanter avec vanité et qu’une vieille raconte avec des yeux embués quand la vie a fini d’écrire son histoire sur leurs fronts…..Le plaisir et la douleur sont intemporels et nous n’existons vraiment que lorsqu’on t’oublie !

L’horloge : Deux heures et demie…