Une rencontre
" -Où veux tu aller? "
" -N’importe où tu voudras m'emmener..."
Il était entré dans cette petite boutique en fin de matinée un peu par hasard, un peu par curiosité. Il ne s'arrêtait jamais dans ce genre d'endroits. Il aimait a croire que ce n était pas son genre. C'était trop "fiotte": un magasin de bibelots....et puis quoi encore, bientôt il se retrouverait a faire de la broderie s il se laissait aller…
Il flânait donc sans conviction, avec la plus grande appréhension pour cet endroit bizarre. Des éléphants en porcelaine dans des postures bizarres supposées rappeler ces anciens (il supposait qu il n en existait plus de pareils, du moins dans cette posture et avec ces étranges décorations dont le front de l animal était alourdi) temps indiens ou le pachyderme faisait office de bête de guerre dans les épopées des sandokans et co, des couples du 17eme se regardant langoureusement pour l éternité, figés dans la pierre, des boites de toutes les couleurs et les tailles dont il ne saurait que faire chez lui et qui finiraient certainement sur le meuble d’entrée avec plein de sous, de capsules, de clés et de vis dedans…..Il était visiblement hors de son élément.
Mais soudain il la vit….
Au fait ce n était ni soudain ni vraiment ce que l’on peut appeler « voire ». A proprement parler,il l’avait d abord aperçu une gracieuse silhouette du coin de l’œil et c’est ce même coin d œil qui attira le reste de l organe vers cette sublime vision naissante. Il ne saurait dire si le regard avait précédé les palpitations ou si les battements avaient donné naissance à sa vision, tout ce qu il savait c’est que pour la brève éternité d’un instant le temps et l espace s étaient figés. Il n’y avait plus rien. Il ne croyait pas à ces trucs mièvre qu on sert a longueur de journée sur les chaînes satellitaires assaisonnés d eau de rose et qui parlent d amour du premier regard ; il maintenait aussi tout le temps dans toutes les discussions que l amour n’est que biochimie et science phéromonale pure et dénuée de tout mystère. Il semblait pourtant que le mystère l’enveloppait comme un brouillard.
L’instant d’après il contemplait longuement un vieux canon en cuivre incrusté sur un petit socle en marbre, il le scrutait anxieusement tout en exhortant son coin de l’œil à plus d infos, c'est-à-dire à autant d infos que possible sur cette étrange créature. Ce faisant il se laissait glisser ostensiblement dans la direction du mystère. Il n’était plus maintenant qu’a quelques pas de la curieuse créature qui était entièrement absorbée par un grand vase chinois noir avec des dessins rouges de guerriers, morts vraisemblablement sans jamais avoir eu l’idée d être un jour ainsi exposés !
« -c’est exactement ce que je cherchais, un vase pour mettre mes olives… » fit il en souriant malicieusement
« vous devez avoir une plantation pour le vouloir si grand. »
« Non , mais je fais ma provision de conserves demain.. »
Elle avait des yeux marron clair si clair qu il ne put tout d’abord pas en détacher les siens. Son nez fin se terminait sur une lèvre supérieure charnue. Ses cheveux châtains défaits auréolaient son visage arrondi qui se terminait par un menton délicat. Le resultat etait fascinant.
« je me suis toujours demandé ou étaient les fleurs qui allaient avec ces vases j arrive pas a en trouver, ou alors ils devaient avoir des esclaves qui étaient chargés uniquement de garder les fleurs en suspens a l orifice du vase alors qu ils se blottissaient a l intérieur. D’ailleurs vous devriez vérifier si c’est vide la dedans avant de faire votre choix….. »
« Au fait maintenant que vous le dites, je crois que je vais prendre aussi l esclave qui va avec, à condition qu’ils me fassent une grosse ristourne sur le vase. »
Le reste se fit presque naturellement. C’était des demis phrases qui prenait tout leurs sens à l’oreille de l’autre. Des mots dits avec de simples regards. Des regards muets qui traduisaient la magie d’une rare rencontre que l’on pensait ou croyait exceptionnelle voire unique. Il parlèrent en se baladant dans cet endroit ou aucun d’eux ne cadrait vraiment, mais ou tout deux se trouvaient parfaitement bien ensemble. Il lui décrit l'impression que lui avaient laissé les éléphants blancs en entrant et elle lui parla d un souvenirs d'enfance que lui rappelait une imitation d un tableau de van Gogh qui était accrochée à gauche du vase providentiel. Ils se retrouvèrent ainsi à parler de leurs enfances respectives. Tout en lui parlant, naissait en lui un désir qu il savait biochimique : elle sentait divinement bon. A un moment il en avait presque perdu le fil de la discussion. C’était magique, chacun de ses gestes semblait empreint d’une féerie étrange. Il s’attendait a tout moment à voire des ailes se déployer derrière son dos ou une auréole surgir subitement au dessus de sa tête.
De longues heures durant il parlèrent de tout et de rien, de la petite poupée qu’elle avait perdue un jour de balade dans un fleuve et dont elle ne s était jamais consolée, de la manie qu il avait de toujours acheter ses conserves le 1er du mois, de la nocivité du café au lait et des effets apaisants de la camomille…..Il se baladèrent longuement dans les rues jaunes de cette fin d’après midi d automne. Le ciel était dégagé et il était déjà jaloux du vent qui jouait à volonté avec ses cheveux. Ils flottaient dans un rêve qui semblait avoir les couleurs crémeuses de cet horizon crépusculaire que Monet lui-même n’aurait su reproduire : la couleur de la perfection.
Puis soudain au milieu de nulle part et de partout, réalisant qu ils voguaient au gré de leurs cœurs depuis une demi journée, ils s’arrêtèrent. Elle se tourna vers lui les mains dans ses poches et lui demanda :
"-Où veux tu aller? "
" -N’importe où tu voudras m'emmener..."
" -N’importe où tu voudras m'emmener..."
Il était entré dans cette petite boutique en fin de matinée un peu par hasard, un peu par curiosité. Il ne s'arrêtait jamais dans ce genre d'endroits. Il aimait a croire que ce n était pas son genre. C'était trop "fiotte": un magasin de bibelots....et puis quoi encore, bientôt il se retrouverait a faire de la broderie s il se laissait aller…
Il flânait donc sans conviction, avec la plus grande appréhension pour cet endroit bizarre. Des éléphants en porcelaine dans des postures bizarres supposées rappeler ces anciens (il supposait qu il n en existait plus de pareils, du moins dans cette posture et avec ces étranges décorations dont le front de l animal était alourdi) temps indiens ou le pachyderme faisait office de bête de guerre dans les épopées des sandokans et co, des couples du 17eme se regardant langoureusement pour l éternité, figés dans la pierre, des boites de toutes les couleurs et les tailles dont il ne saurait que faire chez lui et qui finiraient certainement sur le meuble d’entrée avec plein de sous, de capsules, de clés et de vis dedans…..Il était visiblement hors de son élément.
Mais soudain il la vit….
Au fait ce n était ni soudain ni vraiment ce que l’on peut appeler « voire ». A proprement parler,il l’avait d abord aperçu une gracieuse silhouette du coin de l’œil et c’est ce même coin d œil qui attira le reste de l organe vers cette sublime vision naissante. Il ne saurait dire si le regard avait précédé les palpitations ou si les battements avaient donné naissance à sa vision, tout ce qu il savait c’est que pour la brève éternité d’un instant le temps et l espace s étaient figés. Il n’y avait plus rien. Il ne croyait pas à ces trucs mièvre qu on sert a longueur de journée sur les chaînes satellitaires assaisonnés d eau de rose et qui parlent d amour du premier regard ; il maintenait aussi tout le temps dans toutes les discussions que l amour n’est que biochimie et science phéromonale pure et dénuée de tout mystère. Il semblait pourtant que le mystère l’enveloppait comme un brouillard.
L’instant d’après il contemplait longuement un vieux canon en cuivre incrusté sur un petit socle en marbre, il le scrutait anxieusement tout en exhortant son coin de l’œil à plus d infos, c'est-à-dire à autant d infos que possible sur cette étrange créature. Ce faisant il se laissait glisser ostensiblement dans la direction du mystère. Il n’était plus maintenant qu’a quelques pas de la curieuse créature qui était entièrement absorbée par un grand vase chinois noir avec des dessins rouges de guerriers, morts vraisemblablement sans jamais avoir eu l’idée d être un jour ainsi exposés !
« -c’est exactement ce que je cherchais, un vase pour mettre mes olives… » fit il en souriant malicieusement
« vous devez avoir une plantation pour le vouloir si grand. »
« Non , mais je fais ma provision de conserves demain.. »
Elle avait des yeux marron clair si clair qu il ne put tout d’abord pas en détacher les siens. Son nez fin se terminait sur une lèvre supérieure charnue. Ses cheveux châtains défaits auréolaient son visage arrondi qui se terminait par un menton délicat. Le resultat etait fascinant.
« je me suis toujours demandé ou étaient les fleurs qui allaient avec ces vases j arrive pas a en trouver, ou alors ils devaient avoir des esclaves qui étaient chargés uniquement de garder les fleurs en suspens a l orifice du vase alors qu ils se blottissaient a l intérieur. D’ailleurs vous devriez vérifier si c’est vide la dedans avant de faire votre choix….. »
« Au fait maintenant que vous le dites, je crois que je vais prendre aussi l esclave qui va avec, à condition qu’ils me fassent une grosse ristourne sur le vase. »
Le reste se fit presque naturellement. C’était des demis phrases qui prenait tout leurs sens à l’oreille de l’autre. Des mots dits avec de simples regards. Des regards muets qui traduisaient la magie d’une rare rencontre que l’on pensait ou croyait exceptionnelle voire unique. Il parlèrent en se baladant dans cet endroit ou aucun d’eux ne cadrait vraiment, mais ou tout deux se trouvaient parfaitement bien ensemble. Il lui décrit l'impression que lui avaient laissé les éléphants blancs en entrant et elle lui parla d un souvenirs d'enfance que lui rappelait une imitation d un tableau de van Gogh qui était accrochée à gauche du vase providentiel. Ils se retrouvèrent ainsi à parler de leurs enfances respectives. Tout en lui parlant, naissait en lui un désir qu il savait biochimique : elle sentait divinement bon. A un moment il en avait presque perdu le fil de la discussion. C’était magique, chacun de ses gestes semblait empreint d’une féerie étrange. Il s’attendait a tout moment à voire des ailes se déployer derrière son dos ou une auréole surgir subitement au dessus de sa tête.
De longues heures durant il parlèrent de tout et de rien, de la petite poupée qu’elle avait perdue un jour de balade dans un fleuve et dont elle ne s était jamais consolée, de la manie qu il avait de toujours acheter ses conserves le 1er du mois, de la nocivité du café au lait et des effets apaisants de la camomille…..Il se baladèrent longuement dans les rues jaunes de cette fin d’après midi d automne. Le ciel était dégagé et il était déjà jaloux du vent qui jouait à volonté avec ses cheveux. Ils flottaient dans un rêve qui semblait avoir les couleurs crémeuses de cet horizon crépusculaire que Monet lui-même n’aurait su reproduire : la couleur de la perfection.
Puis soudain au milieu de nulle part et de partout, réalisant qu ils voguaient au gré de leurs cœurs depuis une demi journée, ils s’arrêtèrent. Elle se tourna vers lui les mains dans ses poches et lui demanda :
"-Où veux tu aller? "
" -N’importe où tu voudras m'emmener..."






