dimanche, avril 08, 2007

LE LIVRE SANS NOM QUI NE SERT A RIEN

Assis dans ce restaurant quasi vide au bord de l’autoroute, il scrutait bizarrement le visage de l’homme assis en face de lui dans le coin de la salle. Ce dernier mangeait un sandwich avec un soda, le regard perdu dans la nuit lointaine.

Soudain il se leva et vint s’asseoir à coté de lui :


« -Dites….vous êtes connu non ? »

L’homme lève un regard lourd sur lui

« -…oui. Vous me connaissez ??

-Non, mais en vous regardant ici à cette heure, entrain de manger ce sandwich tout en regardant ailleurs….avec vos cheveux gris et vos lunettes…et cet air distrait, j’ai eu l’impression que vous étiez assez connu ?

-En effet, vous avez raison. Je suis écrivain.

-Ah tiens ! C’est intéressant çà…et qu’avez-vous écrit ?

-J’ai écris "le livre sans nom qui ne sert à rien". Est-ce que vous en avez entendu parler ??

-Oui vaguement. Quelque part, quelqu’un, un jour, m’en a dit quelque chose fort intrigante que j’ai oubliée…..

-Çà parle justement d’un homme qui a tout oublié sauf la couleur du blé. Il se retrouve dans une ville sans nom ni habitants, il a par la suite une idée fixe…..mais il finit par la perdre !

-C’est bizarre que vous disiez cela !

-ah bon , et pourquoi çà ?

-Parce que figurez vous que moi aussi j’avais une idée très chère que j’ai perdue il y a fort longtemps. Je l’avais jalousement gardée dans un recoin de ma mémoire mais un coup de vent au réveil a secoué ce recoin et ….elle s’est envolée !
Je l’ai cherchée partout : dans les sourires des gamins qui jouent sans lendemain, dans les bars miteux a l’atmosphère lourde et a l odeur rénitente de tabac et de pisse, dans les jardins publics pleins d’amoureux pleins d’espoirs,dans les étendues verdoyantes avec des soleils crémeux de pins, dans des plages sauvages où j’entendais le souvenir des vagues pourtant toutes proches au fond des coquillages…..

-Continuez, dites m’en plus…

-J’ai fini par m’asseoir sur un rocher anonyme, dans une quelconque campagne…..Au détour d’une piste quelconque tout en scrutant les étoiles : là, gisait la vérité de mon idée !

-….

-La majorité d’entre elles sont déjà disparues, elles se sont dématérialisées dans l’infini silencieux et froid de l’éternité, et pourtant elles continuent de scintiller…

-Hmm, C’est vrai !

-Alors je me suis posé cette question : Et si mon idée n’était qu’une étoile parmi tant d’autres ? Elle a disparue pour toujours –peut être- mais son souvenir scintille dans mon être. Avais-je besoin de la retrouver si son éclat suffisait à éclairer ma vie ?

-Apparemment non..

- Et vous alors, qu’advient-t-il de votre personnage ? Retrouve-t-il son idée ?

-Je vous l’ai dis « le livre sans nom qui ne sert à rien » est une pure fiction.

-oui mais que trouve-t-il à la fin ? Je DOIS le savoir !!!

-En êtes vous sur ?

-Oui ! »

-eh bien, il ne trouve rien !

- Rien ?!!! »

-Il trouve la Mort et elle lui dit, entre deux ricanements sincères, que "La mort est une solitude éternelle" ……. »

2 commentaires:

le mythe a dit…

Les mots sont éternels.
un livre sans nom qui ne sert à rien est avant tout raconté ou écris avec la conscience de son éternité.
belle histoire
salut l'artiste

Doktorix a dit…

salut not' mythe

L'eternité n est que l idée que se fait notre quotidien de son abolition quand les chats auront des ailes et que les femmes auront des C.....

Je dois changer de shoot moi

Doktorix...bourré